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Les sources de l'élévation

Les variations du niveau moyen global, comme celles, plus locales, des lacs et mers fermées sont, pour la plupart, liées aux fluctuations du climat. Une tendance générale à l'augmentation se dégage ainsi, en liaison avec le réchauffement climatique de la Terre. Les raisons de l'élévation du niveau moyen sont de mieux en mieux connues.

Les variations du niveau des mers mesurées par les altimètres depuis 1992 montrent une élévation du niveau moyen des mers

Variations de température et de salinité

Les changements de température de l'eau ont une influence sur les variations du niveau des mers. L'eau se dilate en chauffant, ce qui provoque une augmentation de son volume, et donc une élévation du niveau. On observe toutefois un retard de 2 mois entre ces 2 variables, correspondant au laps de temps nécessaire à la température pour se diffuser depuis la surface jusque dans les profondeurs de l'océan. Les océans peuvent ainsi réagir en quelques années à un réchauffement climatique.

La quantité de sels dissous dans l'eau a aussi un impact sur le niveau, puisqu'elle change la densité de l'eau (plus il y a de sel, plus l'eau est dense, et moins le niveau sera élevé).

Échanges de masses d'eaux

Détachement de blocs de glace de la plate-forme de Larsen, en Antarctique, en février 2002, d'une surface de 3250 km² et d'un poids de 720 milliards de tonnes. Image Modis du satellite Terra. (Crédits Nasa).

Les variations de masses des calottes polaires (Groenland et Antarctique) ont aussi une influence sur le niveau de la mer. L'augmentation des chutes de neige liée à l'élévation de la température semblait, au moins temporairement, prolonger un équilibre en compensant une fonte accrue sur les côtes. Mais l'accélération des glaciers vers les côtes, observée dans l'ouest du continent antarctique, tend vers une perte de masse de cette calotte. Au Groenland et dans la zone du Pôle Nord, le réchauffement est plus rapide que celui de l'ensemble de la planète. Les températures d'été sont assez élevées pour faire fondre les calottes de cette zone.

La banquise, cette glace formée en mer, subit également les effets néfastes du réchauffement climatique. Les chiffres concernant sa fonte s'accélèrent (elles ont fondu à un rythme sans précédent en 2007, voir à ce sujet, L'étendue des glaces de l'Arctique vue par l'altimètre d'Envisat) par un mécanisme d'amplification (rétroaction positive) : la glace étant capable de réfléchir le rayonnement solaire par simple réflexion, une diminution de sa surface ou une modification de sa texture diminuent l'albédo et augmentent la radiation absorbée. (Plus d'information : Glaces et altimétrie).

 

Variations d'épaisseur des glaciers islandais, alpins et himalayens. Les pertes sont similaires et fortes à basse altitude alors qu'elles sont limitées dans la zone d'accumulation à haute altitude. (Crédits Cnes/Legos).

La plupart des glaciers de montagne régresse actuellement. Les premiers touchés sont les glaciers de moyenne ou basse altitude (~3000 m dans les Alpes) : des simulations récentes basées sur les scénarios les plus optimistes du GIEC en 2007 (scénario B1 : +1.8°C d'ici 2100) laissent augurer leur disparition en 2060. Leur fonte a contribué et contribue de façon significative à l'élévation du niveau de la mer observée au cours du 20ème siècle jusqu'à aujourd'hui.

La modification des quantités d'eau liquide stockée sur la terre, dans les réservoirs et les eaux souterraines, est aussi une cause d'élévation du niveau de la mer. Les variations des stocks d'eaux continentales peuvent aussi résulter directement des activités humaines, à cause de la construction de barrages ou de prélèvements d'eau pour l'irrigation.

 

Plus d'information :