La Mer d'Aral
La mer d'Aral a vu son niveau baisser depuis les années 60, à cause de la grande quantité d'eau prélevée en amont dans les deux fleuves qui l'alimentent (le Syr Daria et l'Amu Daria) pour l'irrigation des champs de coton. À tel point que les côtes ont reculé de plus de 120 km à certains endroits, et que la mer d'Aral s'est séparée en deux bassins, la Grande et la Petite Aral, chacun alimenté par un fleuve.
La baisse catastrophique du niveau de la mer d'Aral se poursuit. Suite à des ponctions d'eau, du fait d'une irrigation intensive en amont des fleuves qui l'alimentent, ce lac d'eau très peu salée a perdu une grande partie de son volume et de sa superficie depuis 1960 (environ 70 000 km2 dans les années 1960 et 20 000 km2 au début des années 2000).
En 1989, on a assisté à la division en deux bassins, la Grande et la Petite Aral. La Grande Aral devrait elle-même se diviser. Déjà très salé, (80g/l, soit presque la salinité de la mer Morte), ce bassin voit son écosystème s'appauvrir pour quasiment disparaître, hormis les rares espèces capables de survivre dans un milieu aussi salin. Si les choses semblent désespérées pour la Grande Aral (du moins tant que dure l'irrigation), la Petite Aral, elle, a des chances d'être stabilisée, grâce au projet de rebâtir la digue qui avait cédé en 1999 (juste après l'Image du Mois, Une remontée de la mer d'Aral ?, publiée en juillet 1999).
Images satellites de la Mer d'Aral en 1973 (à gauche, image Landsat) et en 2007 (à droite, image Modis). Crédits Nasa.
Cet assèchement de la mer d'Aral n'est cependant pas une première. Déjà, au début de notre ère, et surtout au Moyen Âge (dans ce dernier cas probablement aussi à cause de l'irrigation), la mer d'Aral a été asséchée. La situation écologique et surtout sanitaire n'en reste pas moins préoccupante dans la région, avec des affections respiratoires dues au sable, aux dépôts de sels et aux pesticides laissés par la mer en s'asséchant, et que les vents emportent très loin.
Depuis 1992, les observations de Topex/Poséidon puis d'autres satellites altimétriques, permettent la mesure précise du taux de baisse du niveau de mer d'Aral. Pour la Grande Aral, ce taux moyen est de 50 cm par an depuis 1992. Si le niveau des eaux continue de baisser à ce rythme, on peut penser que la partie Est de la Grande d'Aral, peu profonde sera rapidement asséchée.
Séries temporelles des niveaux d'eau de la Grande Mer d'Aral (à gauche) et de la Petite Mer d'Aral (à droite) mesurés à partir de données altimétriques. La précision moindre des mesures altimétriques sur la Petite Mer d'Aral est due à la disposition des traces au sol des satellites et à sa configuration géométrique -elle est plus enclavée-. Dans ce contexte, l'empreinte au sol du faisceau radar cible des surfaces hétérogènes (terres et eau) et le signal retour est bruité. Crédits Legos.
Pour la Petite Aral, dont le plan d'eau est de 3 à 7 m au-dessus de celui de la Grande Aral, le comportement est différent. Des périodes de baisse et d'élévation du niveau se succèdent. Ces fluctuations correspondent en fait aux tentatives de construction d'une digue entre les 2 mers, afin de retenir les eaux du Syr Darya dans le bassin septentrional et d'essayer ainsi de sauver la Petite Aral au détriment de la Grande Aral. Une des digues construites entre ces deux mers a fait remonter le niveau de la Petite Aral de 3 m, et sa superficie est passée de 4 000 à 6 000 km2. Mais en avril 1999, la pression des eaux a fait céder la nouvelle digue, d'où la baisse importante de niveau enregistrée cette année-là. Les autorités du Kazakhstan, aidés de programmes internationaux, envisagent de poursuivre ces travaux.
Plus d'information :
- Les applications de l'altimétrie en vidéo : La Mer d'Aral






