La problématique sur le niveau moyen : les questions en discussion

Mesures in-situ et mesures satellites

Comparaison entre un niveau moyen stérique calculé en retirant les données du satellite gravimétrique Grace (qui mesure les variations de masse) des données Jason-1 d'une part (courbe noire géoïde GRGS, courbe rouge géoïde GFZ), et un niveau thermostérique issu de données in situ (essentiellement le réseau Argo). (Crédits A. Lombard, Legos/CNRS).

Depuis 2003, les mesures in situ utilisées pour estimer le niveau moyen thermostérique (c'est à dire les variations dues à la dilatation de l'eau sous l'effet de la chaleur) semblent montrer un refroidissement de l'océan. Dans le même temps, les mesures satellites, que ce soit altimétriques (qui montrent l'élévation totale du niveau, quelqu'en soit la raison) ou gravimétrique (qui reflètent les variations de masse, donc l'apport d'eaux supplémentaires, entre autres suite à la fonte des glaces) montrent une élévation de ce niveau moyen. Si l'on fait la différence entre les mesures satellites gravimétriques (Grace) et altimétriques (Jason-1), on obtient le niveau stérique, c'est à dire dû aux variations de densité (elles-mêmes dues aux variations de température et de salinité) ; ce niveau ainsi calculé montre également une élévation [Lombard et al., 2007].
Si l'on calcule à partir des données in-situ non plus le niveau thermostérique, mais stérique (en prenant en compte les mesures de salinité), le niveau moyen global se rapproche de celui observé par les satellites [Guinehut, 2007]. Mais ces estimations sont très sensibles à la répartition des mesures dans l'espace (échantillonnage spatial), très différente sur les périodes avant 2003 et après (suite à la mise en place du réseau Argo, essentiellement). C'est également à partir de cette date que l'on observe une baisse du niveau thermostérique.

Les mesures satellites font également l'objet d'étude poussées, pour bien comprendre les différentes sources d'imprécision sur la mesure.

Niveau thermostérique (T), stérique (T/S) calculé à partir des données in situ (flotteurs, bouées ancrées, XBT...), et altimétrique des océans. La prise en compte de la salinité réduit l'effet du refroidissement observé. (Crédits S. Guinehut, CLS).

Références

Qu'est-ce qui fait monter les océans ?

Les raisons de l'élévation du niveau moyen sont de mieux en mieux connues. La comparaison entre les mesures issues de différentes techniques permet en particulier de mieux cerner les différentes contribution, entre les apports d'eaux, la dilatation thermique,... D'autres mesures permettent en outre de mesurer la fonte des glaces (glaciers et inlandsis), les variations des stocks d'eau continentaux, etc.
Il reste cependant des questions à l'étude, comme l'impact du rebond post-glaciaire, une meilleure approche sur le long terme (paléo-climatologie), la prise en compte des changement de température de l'océan aux grandes profondeurs (en dessous de 700 m), etc. L'évolution future, et un possible accélération est également une question qui suppose une surveillance continue de cet indicateur du climat qu'est le niveau moyen des mers.

Selon le rapport du Giec, pour la période 1993-2003 :

Expansion thermique :

 1.6 +/- 0.5 mm/yr

Glaciers et calottes polaires :

 0.77 +/- 0.22 mm/yr

Groenland :

 0.21 +/- 0.07 mm/yr

Antarctique :

 0.21 +/- 0.35 mm/yr

Total :

 2.8 +/- 0.7 mm/yr

Observé :

 3.1 +/- 0.7 mm/yr